Signes d'authenticité et de contrefaçon des poinçons sur l'argent de 1908-1917
Le dernier poinçon d'État de l'Empire russe, utilisé de 1908 à 1917, se distingue par la complexité de son exécution, ce qui rend sa contrefaçon difficile même avec les technologies modernes. Les poinçons originaux étaient créés par les graveurs de la Monnaie, et leur savoir-faire reste difficile à reproduire à ce jour.

Anatomie du poinçon d'État de 1908-1917
| Élément du poinçon | Description |
| Image principale | Profil d'une jeune femme en kokochnik, la tête tournée vers la droite. |
| Symbole du bureau de contrôle | Situé à gauche du profil, il s'agit d'une lettre de l'alphabet grec désignant un district de contrôle spécifique. |
| Titre | Les chiffres du titre (par exemple, 84) sont situés à droite du profil. |
| Forme | Ovale en creux, protégeant le poinçon de l'usure. |
Le dernier poinçon d'État de l'Empire russe, utilisé de 1908 à 1917, se distingue par la complexité de son exécution, ce qui rend sa contrefaçon difficile même avec les technologies modernes. Les poinçons originaux étaient créés par les graveurs de la Monnaie, et leur savoir-faire reste difficile à reproduire à ce jour.
Le poinçon est un ovale en creux, ce qui assure sa préservation même en cas d'utilisation prolongée de l'objet, car il se trouve dans un renfoncement et est moins sujet à l'abrasion. Même sur les objets usés, les proportions principales et les détails du dessin restent discernables.
Règles géométriques d'authenticité
Pour déterminer l'authenticité d'un poinçon, il existe plusieurs règles clés basées sur une géométrie et des proportions strictes de ses éléments. Ces règles sont presque impossibles à respecter lors de la fabrication artisanale de contrefaçons, c'est pourquoi leur connaissance est un outil fiable pour l'expertise.
La vérification de la disposition des éléments du poinçon selon des axes imaginaires permet de détecter rapidement les incohérences caractéristiques des faux. Sur les poinçons contrefaits, ces proportions sont presque toujours violées.
Caractéristiques clés d'un poinçon authentique :
- Axe horizontal inférieur. La barre horizontale du chiffre « 4 » est alignée avec le bout du nez de la jeune femme et la base de la lettre grecque.
- Verticale du cou. Le côté droit du cou de la jeune femme forme une ligne verticale presque droite, perpendiculaire au bord du poinçon.
- Boucle inférieure de la tresse. La boucle la plus basse de la tresse de la jeune femme ne touche jamais le bord inférieur du poinçon ovale.

Défauts courants des poinçons contrefaits
Les poinçons contrefaits, même en cas de ressemblance superficielle, contiennent toujours une série d'erreurs caractéristiques qui trahissent leur origine. Ces défauts sont liés à la fois à la technologie de fabrication et au manque d'attention des faussaires aux détails.
L'un des signes fréquents de contrefaçon est la distorsion des chiffres. Par exemple, sur les faux, le chiffre « 8 » présente souvent une courbure notable sur l'axe vertical, ce qui est impossible à obtenir avec un poinçon d'État à frapper.
- Le chiffre « 4 » est souvent positionné plus bas que prévu, sa barre horizontale ne coïncidant pas avec la ligne du nez de la jeune femme.
- Sur la partie supérieure du chiffre « 4 » des contrefaçons, la coupe caractéristique est absente, et la partie inférieure manque de volume.
- Dans le kokochnik de la jeune femme sur les poinçons contrefaits, les cinq lignes verticales en relief sont souvent absentes, ou au contraire, des traits superflus ont été gravés.
- Sur les contrefaçons, les traits du visage de la jeune femme sont souvent déformés : le nez peut sembler « sortir » de l'œil, et le menton est disproportionnément avancé, rappelant un protège-dents de boxeur.

Incohérences technologiques dans les objets contrefaits
Outre les faux poinçons, les objets contrefaits présentent souvent d'autres incohérences technologiques. Les faussaires ont souvent recours à la galvanoplastie ou à la fonte, ce qui entraîne l'apparition de défauts caractéristiques.
Par exemple, la surface des objets réalisés par galvanoplastie est souvent poreuse, avec des cavités et des piqûres. Pour masquer ces défauts, la surface est soumise à un traitement mécanique agressif, dont les traces sont bien visibles. De plus, le relief sur de tels objets est « flou », sans contours nets.
Un autre exemple est le porte-verre à thé. Les pièces authentiques de cette forme étaient fabriquées par pressage, et l'anse faisait partie intégrante du corps. Sur la contrefaçon, l'anse est grossièrement soudée, en violation de la symétrie et du style, ce qui est technologiquement incorrect. De plus, les faussaires n'ont pas pu plier l'anse pour épouser la forme de l'objet en raison de la fragilité de l'argent galvanisé et l'ont laissée « suspendue dans les airs ».

Faux émail et autres subterfuges
Les faussaires contrefont souvent des objets en argent émaillé, mais au lieu de l'émail à chaud, coûteux et laborieux, ils utilisent des substituts bon marché, comme de la résine époxy colorée ou de la peinture polymère. Un tel matériau est facile à distinguer de l'émail authentique.
L'émail à chaud a une dureté comparable à celle du verre, et il est assez difficile d'y laisser des dommages mécaniques. La résine époxy, au contraire, est un matériau mou et plastique sur lequel les rayures et les traces de tout impact apparaissent facilement. De plus, la peinture liquide ou la résine déborde souvent des cloisons, ce qui n'arrive pas lorsqu'on travaille avec de l'émail à chaud en poudre.
On rencontre aussi souvent des contrefaçons « composites ». Par exemple, pour créer une fausse icône, on utilise des auréoles authentiques mais rognées, qui ne correspondent pas à la taille du nouvel oklad (revêtement métallique). Ce faisant, une partie des inscriptions canoniques est coupée, ce qui constitue une violation flagrante et un signe évident de contrefaçon.

Comment fonctionne le marché de la contrefaçon
Les vendeurs de contrefaçons utilisent souvent des mots ronflants dans la description de leurs lots, tels que « chef-d'œuvre », « rareté », « impérial », « top », « qualité musée ». Ces termes sont une sorte de code signalant que l'acheteur a très probablement affaire à un faux.
Souvent, ces vendeurs masquent leurs marchandises en indiquant dans la description « imitation de poinçons ». C'est une astuce juridique pour éviter les accusations de fraude, mais l'essentiel ne change pas : il s'agit de la vente de fausses antiquités. L'administration des plateformes de vente soutient souvent ces vendeurs, car ils paient pour la publicité de leurs lots (lots promotionnels).
Les acheteurs de telles « antiquités » sont souvent des personnes souhaitant acquérir un cadeau exclusif pour des personnalités de haut rang. Leurs assistants, peu connaisseurs en la matière, cherchent sur internet « antiquité en cadeau » et tombent sur de telles offres, sans se douter qu'ils achètent une contrefaçon grossière à un prix exorbitant.
